TEMPLATE > archive.php

Mettre la main à la pâte… littéralement!

20170601_153203

 

Qui n’a pas déjà rêvé de changer de vie? Pour la plupart d’entre nous, c’est un rêve qui ressurgit à l’occasion, au plus fort du blues de l’hiver, après une année difficile ou lorsque le boulot nous pèse un peu trop. Mais pour Thomas et Laurence, ce rêve est devenu réalité et il a maintenant pour nom Le Panivore!

 

Dans une autre vie, lui était analyste-programmeur et elle analyste financière. Tous deux travaillaient au centre-ville de Montréal, à un rythme effréné et sous haute pression. D’origine provençale, ces deux bons vivants amateurs de bonne bouffe se sentaient de plus en plus déconnectés et insatisfaits. Ils ont eu envie de travailler ensemble, de donner un autre sens à leur existence et de créer quelque chose d’authentique dont ils pourraient être fiers.

 

C’est Thomas qui a eu l’idée du pain. Il a été le premier à lâcher son boulot, plutôt bien rémunéré, pour se lancer en tant qu’autodidacte dans la grande et belle aventure de la boulangerie. Dans la cuisine de leur appartement, Thomas a décidé de mettre la main à la pâte, littéralement.

 

20170625_030222

 

Pendant ce temps, Laurence a gardé son poste d’analyste financière pour subvenir à leurs besoins. Ses premiers pains au levain dignes de ce nom, Thomas les a livrés au centre-ville en vélo. Tranquillement, les commandes se sont faites plus nombreuses et la petite cuisine n’a plus suffi. Ils ont donc cherché un local à louer deux jours par semaine pour que Thomas continue son apprentissage et développe sa clientèle. Six mois plus tard, la demande avait triplé et le nouveau local ne suffisait plus. C’est à ce moment qu’ils ont trouvé leur emplacement actuel, sur la rue Bélanger dans le quartier Villeray à Montréal.

 

20170601_155003

 

Cela a permis à Laurence de faire le grand saut et de venir rejoindre Thomas au Panivore, dans ce local qu’ils occupent depuis bientôt deux ans. Elle s’occupe des commandes, des clients et du coin café pendant que le pain reste sa spécialité à lui. Tous les pains sont préparés exclusivement à partir de farine biologique du Québec, d’eau filtrée, de levain naturel biologique et de sel de mer. Thomas laisse ses pains monter deux jours, avec patience, un peu dans l’esprit du mouvement Slow Food. Rien n’est mécanisé et le pain est cuit dans un four à pétrin. Le boulanger demeure animé par ce désir initial d’authenticité et de simplicité. Le Panivore propose aujourd’hui 33 pains différents, selon les jours de la semaine. C’est-à-dire que certains pains ne sont offerts que certaines journées. On retrouve aussi dans la chaleureuse petite boutique peinte en jaune provençal quelques viennoiseries, desserts et sucreries.

 

20170601_153713

 

L’horaire du Panivore a été pensé pour profiter d’une belle conciliation travail-famille, les propriétaires étant parents d’un garçon de sept ans. Thomas prépare ses pains tôt le matin et peut profiter d’un petit repos par la suite. La boulangerie est ouverte de 15 h 30 à 18 h 30, ce qui permet aux gens de passer prendre leur pain au retour de l’école ou du travail. Il est aussi agréable de s’y arrêter pour un café (bio équitable bien sûr!), un chocolat chaud ou un jus. La livraison à vélo est offerte gratuitement à domicile aux résidents du quartier, et il n’est pas rare que fiston accompagne son papa le jeudi soir pour faire la livraison. Les pains sont transportés dans de grands bacs ou dans des sacs réutilisables.

 

WP_20170427_18_52_56_Pro

 

Dans un esprit communautaire et par souci écologique, Thomas et Laurence ont établi quelques partenariats intéressants. Ils approvisionnent notamment l’épicerie zéro déchet du quartier (dont nous avons parlée dans un billet de blogue publié précédemment), ils offrent des fournées lors d’événements de collecte de fonds organisés à l’école alternative de leur fils, et ils placent les commandes de certains parents d’une garderie du quartier dans des taies d’oreiller pour que ceux-ci les récupèrent à la fin de la journée. Ils offrent aussi leurs invendus à des organismes de bienfaisance et à des groupes de Dumpsterray pour éviter le gaspillage. Et la boulangerie est nettoyée à l’aide de produits ménagers biodégradables, de vinaigre et de bicarbonate de soude. Il y a peu de déchets et encore moins de gaspillage au Panivore!

 

Le rêve est donc devenu réalité pour Thomas et Laurence, qui ont eu le courage de repartir à zéro et d’imaginer une vie en harmonie avec leurs valeurs profondes. Forts de leur persévérance et de leur détermination, ils sont aujourd’hui sereins et bien enracinés au sein d’une sympathique communauté.

 

20170625_025744

 

Pour en savoir plus sur Le Panivore, c’est ici : http://www.lepanivore.com/

 

 

 

L’épicerie LOCO zéro déchet, pas si fou que ça!

13495100_1127740360623147_2268396141182975024_n
Après une heure de route à placoter de choses et d’autres, Myrianne et moi débarquons chez LOCO, une petite épicerie zéro déchet située dans le quartier Villeray de Montréal. Quatre jeunes entrepreneures ayant fait des études en Sciences de l’environnement sont à l’origine de ce projet d’épicerie de quartier écologique, biologique et zéro déchet, qui fêtera sa première année d’existence au mois d’août.

 

20170601_140703

 

L’épicerie étant à deux pas de la station de métro Jarry, il est facile pour les résidents et familles du quartier de venir déposer leurs contenants le matin, accompagnés de leur liste d’épicerie, et de revenir prendre le tout à la sortie du travail, ou au retour de l’école ou de la garderie. Tout le monde peut aussi venir y faire des courses durant la journée. L’espace est petit, mais accueillant et il me rappelle un magasin général ou une épicerie de quartier d’une autre époque, où l’on trouvait un peu de tout, en plus d’un service chaleureux.

 

20170601_140753

 

Farines, céréales, pâtes, noix, thés, tisanes, produits ménagers, produits de beauté, fromages, lait, yogourt, œufs, pains, viennoiseries, fruits et légumes frais du Québec en saison : il est tout à fait possible de bien s’approvisionner chez LOCO. On y trouve même de la nourriture pour animaux en vrac!

 

2017-06-17_22.43.01

 

Le concept mis de l’avant est fort simple. Le client apporte ses pots, contenants et sacs, qu’il peut remplir à sa guise, selon la quantité désirée. Le tout est ensuite pesé et facturé selon le poids. De petits sacs de papier brun et des pots consignés sont mis à la disposition des clients qui visitent l’épicerie pour la première fois ou connaissent encore peu le concept.

 

La plupart des produits sont vendus en vrac, à quelques exceptions près. Le lait et le yogourt sont vendus en pot, mais les contenants sont consignés, ce qui permet au fournisseur de les réutiliser. Le poisson est emballé sous vide, car c’est un produit qui est plutôt difficile à vendre en vrac, mais les propriétaires s’assurent de ne vendre que du poisson de pêche équitable.

 

20170617_231405

 

Les quatre jeunes femmes essaient aussi de toujours faire affaire directement avec les producteurs, histoire d’éliminer les intermédiaires. Elles peuvent ainsi vérifier la qualité et l’emballage des produits. Certains fournisseurs apportent d’ailleurs leurs livraisons dans des contenants qu’ils rapportent. La priorité est toujours accordée aux produits locaux, c’est-à-dire du Québec et du Canada. Elles tiennent aussi quelques produits originaux élaborés par des chefs et nutritionnistes québécois. Le chef Giovanni Apollo a créé une délicieuse soupe en pot vendue dans un BOCO LOCO. Il suffit de rajouter de l’eau pour un repas savoureux. Et le chef Martin Juneau a créé les barres naäk, dont le slogan est « C’est bon, ta barre näak! ». Celles-ci sont faites à base de poudre de grillons (ben oui, des sauterelles!). Saviez-vous que la poudre de grillons est une excellente source de protéines? Elle en contient deux fois plus que le bœuf et le poulet. Ces petites barres font donc une excellente collation pour les sportifs et amateurs de plein air. Chez LOCO, vous les trouverez en vrac, à côté des sauterelles grillées, des oursons en gelée et des smarties!

 

20170601_142429

 

Faire son épicerie chez LOCO permet donc au consommateur de remplir son panier en favorisant les produits locaux et bio, et en évitant les emballages inutiles. Mais qu’en est-il des déchets de l’épicerie? Si vous ne l’aviez pas encore deviné, le dada de Myrianne, ce sont les poubelles! Impossible pour nous de visiter un endroit sans qu’elle demande à voir les déchets, puisqu’elle est convaincue, à raison d’ailleurs, que la taille des poubelles d’un commerce en dit long sur sa conscience environnementale. La jeune employée qui nous guide durant notre visite partage l’enthousiasme de Myrianne et c’est avec fierté qu’elle nous amène dehors admirer les poubelles!

 

2017-06-17_23.03.24

 

Pendant que les deux enthousiastes discutaient poubelles, je n’ai pas pu m’empêcher de faire la comparaison avec les immenses conteneurs à déchets que l’on voit toujours derrière les supermarchés, souvent remplis de nourriture encore bonne à manger. Je me suis alors dit qu’il faudrait être de bien mauvaise foi pour ne pas admettre que la mission de LOCO relève du « gros bon sens »! Pensons-y un instant : au supermarché, la plupart des aliments sont dans des emballages, ces emballages sont dans des boîtes et ces boîtes, nous les mettons dans des sacs, encore trop souvent en plastique. Hum!

 

20170601_142231

 

La tendance du zéro déchet prend actuellement de l’ampleur et ça me semble un pas dans la bonne direction. On dit souvent aux consommateurs qu’ils doivent moins consommer et bien que cela soit fondé, il est aussi important de leur montrer qu’il existe une autre manière de consommer. Tout comme plus de commerces et d’entreprises doivent comprendre qu’il est possible d’être rentables tout en étant écoresponsables.

 

Après avoir remercié l’équipe pour son accueil chaleureux, nous reprenons la route en nous disant qu’il devrait assurément avoir une succursale LOCO dans toutes les régions du Québec, pour qu’un plus grand nombre puisse découvrir les principes de ce mode de vie écologique.

 

20170601_142936

 

Nous avons justement appris que les quatre propriétaires prévoient ouvrir une nouvelle succursale montréalaise d’ici la fin de l’année et qu’il est possible de voter pour le choix de l’emplacement. Alors, pour en savoir plus sur LOCO, voter pour l’emplacement de  votre choix et lire le blogue de l’équipe, c’est ici : https://www.epicerieloco.ca/

 

Vous aimeriez découvrir quelques trucs pour commencer à réduire vos déchets ou modifier vos habitudes de consommation?

 

Béa Johnson vivait le rêve américain à fond quand un jour, elle a décidé qu’elle en avait assez de l’hyperconsommation. Elle a changé le mode de vie de sa famille du tout au tout et documenté l’expérience dans un livre

 

Ce livre a changé la vie de la Québécoise Mélissa De Lafontaine, qui partage les aléas de son nouveau mode de vie sur le site Les trappeuses : http://lestrappeus.es/

 

Vous pouvez aussi suivre les aventures d’une famille « zéro déchet », racontées et illustrées avec humour ici : http://www.famillezerodechet.com/

 

Une dernière chose! Saviez-vous que l’on compte environ 25 magasins d’alimentation adeptes du zéro déchet dans la province et qui figurent dans le répertoire lespagesvertes?  En voici quelques-uns :

Ô Bokal à Saint-Basile-le-Grand sur la Rive-Sud : https://lespagesvertes.ca/annonces/o-bokal-magasin-en-vrac-sans-dechet/

La Goutte d’Or à Cowansville en Estrie : https://lespagesvertes.ca/annonces/la-goutte-dor-magasin-zero-dechet/

Dans mon bocal à Sainte-Adèle dans les Laurentides : https://lespagesvertes.ca/annonces/dans-mon-bocal/

 

 

 

Le Général Café : délicieux, chaleureux, consciencieux

IMG_0460 (2)

Myrianne et moi tenions à commencer nos découVERTES au sein même de notre communauté, c’est-à-dire le charmant village de Val-David au cœur des Laurentides ( Québec). Nous nous donnons donc rendez-vous pour l’heure du dîner et mettons le cap sur le Général Café, où, à peine la porte franchie, les couleurs, les sourires et l’ambiance qui nous accueillent nous font rapidement oublier le printemps gris et pluvieux! Angèle Brazeau, la femme-orchestre derrière cet établissement chaleureux, qui a célébré en mai son quatrième anniversaire, vient à notre rencontre. Celle-ci a créé, dans une petite maison jaune en bordure de la piste cyclable Le P’tit train du Nord, un vrai quartier général pour les gens du coin.

 

IMG_0563

 

En effet, impossible pour les résidents d’y aller sans échanger au passage plusieurs bonjours, quelques becs sur les joues et leurs plus récentes nouvelles. L’espace se veut aussi invitant pour les familles : les petits peuvent se dégourdir les jambes dans les jeux et glissoires à l’extérieur, ou encore, patienter à table en dégustant la petite assiette de fruits que l’on offre systématiquement aux enfants à leur arrivée, tout en profitant de la grosse boîte à crayons et des quelques livres à colorier qui traînent toujours quelque part.

 

18676584_10155335032989137_835156133_o

 

Cette femme de passion et de conviction, qui travaille dans la restauration depuis plusieurs années déjà, s’investit dans toutes les facettes de son entreprise, que ce soit dans la gestion, dans l’approvisionnement, en cuisine ou auprès de ses clients, souvent devenus des amis au fil du temps (Myrianne et moi avons aussi succombé à son charme, nous devons bien l’avouer!). Le menu qu’elle a élaboré met de l’avant plusieurs produits locaux et bio : des végétaux achetés chez Bio Sattva, des champignons de Violon et champignons, des pains et des viennoiseries de la Boulangerie l’Alvéole et des épices de La Clef des champs.

 

18698680_10155335033089137_489144253_o

 

En plus d’une conscience bien développée par rapport à l’importance d’un approvisionnement local, Angèle porte une très grande attention au gaspillage alimentaire et à la gestion des déchets. L’équipe de la cuisine a comme consigne de ne rien jeter et trouve presque toujours le moyen de tout utiliser. Cette façon de procéder, combinée au recyclage et au compostage, permet au Général Café de ne produire qu’un sac de déchets par semaine, et ce, en servant environ 1000 clients durant cette même période.

Comme vous pouvez le constater, cette entrepreneure, aussi maman d’une fillette de trois ans, était plus que fière de nous montrer son unique poubelle!

 

18697904_10155335032579137_278570741_o

 

Comme si tout cela ne suffisait pas à faire du Général Café un lieu qui sort de l’ordinaire, sachez qu’on y mange aussi très bien. La cuisine maison regorge de saveur et de personnalité. Des grilled-cheese originaux, comme le Québécois ou le Marocain, des déjeuners carnivores ou végétariens, du genre le Mec Muffin ou la Quesadilla déjeuner (dont je suis accro!), des soupes réconfortantes et parfumées, des sandwichs, des salades, sans parler des délicieux muffins maison faits tous les jours par la maman d’Angèle, le menu offre de nombreuses options pour se régaler à l’heure du déjeuner ou du dîner.

10150587_743184615752545_7462493540639364177_n

Les cafés sont divins et peuvent être préparés au goût du client avec du lait de vache, du lait de soya ou du lait de coco. L’été, résidents et touristes peuvent s’installer sur la terrasse pour siroter une limonade maison parfumée à la menthe ou un des smoothie colorés qui figurent au menu en regardant défiler la vie qui grouille au cœur du village et sur Le P’tit train du Nord, surtout le samedi, jour de marché!

 

18721155_10155335032574137_491384443_o

 

Notre repas terminé, Myrianne et moi saluons la belle équipe dynamique d’Angèle et repartons sous un ciel toujours aussi gris, mais le cœur plus léger, car quel bonheur de constater que dans cette petite maison jaune, une forte conscience écologique rime avec succès, saveur et communauté!

 

Photo gang Générale

Pour connaître l’adresse et les heures d’ouverture, rendez-vous ici : https://legeneralcafe.com/.